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9 février 2026Myriam Drouin

Les Certifications LEED et BCZ vers une plus grande considération du carbone intrinsèque

Analyse du cycle de vie

Face à l’urgence de réduire les émissions de GES du secteur du bâtiment, plusieurs certifications environnementales intègrent désormais des exigences liées au carbone intrinsèque, c’est-à-dire aux émissions associées aux matériaux, et non seulement aux émissions opérationnelles. Au Québec, deux programmes s’imposent comme référence soient les certifications LEED (Leadership in Energy and Environmental Design) et les normes Bâtiments à Carbone Zéro (BCZ) Design et Performance.

Les normes Bâtiments à carbone Zéro (BCZ) sont promues par le Conseil du bâtiment durable du Canada (CBDCa). Alors que la norme BCZ Performance, se concentre uniquement sur le carbone émis lors de la phase d’exploitation du bâtiment, la norme BCZ Design impose des exigences minimales en matière de carbone intrinsèque. Les concepteurs peuvent soit respecter un seuil maximal d’intensité carbone, soit démontrer une réduction d’au moins 10 % par rapport à un bâtiment de référence.  

De son côté, la certification LEED propose une approche flexible. La prise en compte du carbone intrinsèque repose sur un crédit optionnel, nécessitant la réalisation d’une analyse de cycle de vie (ACV) et une réduction d’au moins 10 % pour certains indicateurs, dont le potentiel de réchauffement climatique. 

Les deux programmes utilisent un périmètre d’analyse similaire, du berceau à la fin de vie, mais diffèrent dans le traitement du carbone biogénique, qui est inclus dans LEED mais exclu des calculs pour les normes BCZ.  

Progression des normes

Par ailleurs, ces certifications évoluent rapidement : la norme BCZ a resserré ses seuils d’émissions dans sa version 4 parue en juin 2024. L’intensité carbone maximale y a été abaissée de 500 à 425 kg éq. CO₂/m², avec un seuil spécifique de 350 kg éq. CO₂/m² pour les entrepôts et centres de distribution, sans modification des objectifs d’amélioration par rapport au bâtiment de référence. La norme LEED a quant à elle renforcé l’importance du carbone intrinsèque dans sa version V5 parue en 2025. Un nouveau préalable exige notamment la quantification du potentiel de réchauffement climatique lié à la fabrication des matériaux (phases A1 à A3), tout en maintenant le crédit existant. 

Pour les professionnels, cela signifie une chose : intégrer ces considérations dès la conception n’est plus une option, mais une nécessité pour répondre aux exigences actuelles et futures du marché. 

Myriam Drouin

Suite à l’obtention d’un diplôme en aménagement et environnement forestiers et d’études graduées en sciences du bois à l’Université Laval, Myriam Drouin a travaillé en R&D dans le secteur des produits du bois et de la construction bois. Passionnée par le design, l’architecture, le matériau bois et les communications, elle poursuit aujourd’hui sa carrière comme consultante spécialisée en communication scientifique et technique.