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30 janvier 2026Myriam Drouin

Mieux valoriser les résidus de construction : un enjeu clé pour l’économie circulaire

Repenser les bâtiments

Les résidus de construction, de rénovation et de démolition (CRD) occupent une place majeure dans le bilan des matières résiduelles au Québec. En 2023, ils représentaient plus de 23 % des matières éliminées, avec près de 3,3 millions de tonnes générées.

Maximiser le potentiel des matières résiduelles au Québec

Au Québec, malgré un potentiel de valorisation élevé, à peine un peu plus de la moitié (53 %) de ces matières ont été dirigées vers des centres de tri, tandis qu’une proportion importante est encore envoyée à l’enfouissement. (Recyc-Québec, 2025a;b). Ce gisement est composé d’une grande diversité de matériaux, notamment le béton, le gypse, le métal, le carton et, surtout, le bois. Ce dernier occupe une place prépondérante, représentant à lui seul plus de 50 % des matières reçues dans les centres de tri de CRD. Il provient principalement de matériaux de construction, de produits de finition et de palettes (Recyc-Québec, 2025a) 

Une fois trié, le bois peut être orienté vers différentes filières de valorisation. Certains acteurs se spécialisent dans la préparation des résidus (broyage, tri, nettoyage), communément les conditionneurs de bois, afin qu’ils puissent être utilisés comme intrants dans d’autres secteurs, notamment en agriculture, en horticulture ou en valorisation énergétique. Les recycleurs transforment quant à eux ce bois en produits finis, comme des panneaux de particules ou des matériaux d’insonorisation. Enfin, certaines entreprises se spécialisent dans le traitement du bois traité en fin de vie, qui peut être réemployé, transformé ou valorisé énergétiquement (Recyc-Québec, 2025b). 

Compte tenu de son importance et de sa relative facilité de tri, le bois constitue un levier stratégique pour améliorer la performance globale de la gestion des résidus de CRD. Dans ce contexte, le tri à la source sur les chantiers apparaît comme une solution prometteuse. Au lieu d’acheminer des conteneurs de résidus de CRD mélangés aux centres de tri, ou directement à l’enfouissement, cette approche repose sur la séparation des matières à la source, directement sur le chantier, dans différents contenants, avant leur transport vers des filières de valorisation ou des centres de tri.  

Un projet pilote concluant

Un projet pilote récent a démontré que le tri sur chantier est une pratique qui pourrait permettre d’augmenter significativement la valorisation des résidus de CRD (APCHQ, 2024; Stratzer, 2023). Dans cette démarche le bois qui s’est d’ailleurs démarqué comme la matière le plus triée au sein des chantiers à l’essai. 

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Myriam Drouin

Suite à l’obtention d’un diplôme en aménagement et environnement forestiers et d’études graduées en sciences du bois à l’Université Laval, Myriam Drouin a travaillé en R&D dans le secteur des produits du bois et de la construction bois. Passionnée par le design, l’architecture, le matériau bois et les communications, elle poursuit aujourd’hui sa carrière comme consultante spécialisée en communication scientifique et technique.