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9 avril 2026Myriam Drouin

Les chapes sèches : l’alliée discrète des bâtiments bas carbone

Performances environnementales des bâtiments et des matériaux

Dans les bâtiments en bois, le confort acoustique est souvent un défi. Pour limiter la transmission des bruits entre les étages, on a longtemps misé sur une solution simple et efficace : ajouter une fine couche de béton sur les planchers. Grâce à sa densité, le béton atténue bien les sons aériens. Mais cette approche a un revers important : elle alourdit considérablement le bilan environnemental du bâtiment.

Et si on pouvait obtenir des performances similaires… sans couler de béton ?

Contrairement aux chapes de béton traditionnelles coulées sur place, les chapes dites sèches se présentent sous forme de panneaux préfabriqués installés entre le sous-plancher et le revêtement final. On retrouve sur le marché différents produits commerciaux fabriqués à partir de matériaux divers tels que la fibre de bois ou de papier recyclé, le gypse, le plâtre ou la fibre de plâtre, la fibre de verre et le polyester. Certaines versions multicouches associent plusieurs de ces matériaux afin d’optimiser leurs performances.

Leur rôle est simple, mais efficace : absorber les vibrations et limiter la propagation du son d’un étage à l’autre. Selon Leurs performances acoustiques varient selon les matériaux et les assemblages, avec des gains variant de 2 à 25 décibels, confirmant leur potentiel comme alternative durable aux chapes traditionnelles.

Mais leur véritable force se trouve ailleurs : dans leur faible empreinte carbone

Parmi les principaux avantages des chapes sèches notons leur empreinte carbone réduite. Une étude menée sur un bâtiment en bois massif à Montréal a montré que remplacer une chape de béton par une chape sèche en fibrogypse pouvait réduire l’empreinte carbone totale du bâtiment de 7,6 %, avec un impact acoustique comparable (Lavoie et Essoua, 2020). Elles offrent également un poids plus faible, ce qui diminue les charges structurelles et peut générer des économies sur les fondations et la structure (L2C Experts-Conseil, 2019). En outre, les chapes sèches se distinguent par leur facilité et rapidité d’installation. Contrairement aux chapes de bétons qui nécessitent un temps de séchage considérable, avec les chapes sèches, nul besoin de gérer cette évacuation de l’humidité permettant ainsi des économies de temps et d’énergie. Bien sûr, tout n’est pas parfait. Leur coût initial peut être plus élevé et certaines solutions nécessitent une attention particulière face à l’humidité. Mais dans une perspective de construction durable, les avantages prennent souvent le dessus. 

En somme, les chapes sèches offrent une voie prometteuse pour concevoir des bâtiments à la fois confortables, performants… et plus respectueux de l’environnement. Une petite révolution silencieuse, mais porteuse d’un grand impact. 

Sources

Myriam Drouin

Suite à l’obtention d’un diplôme en aménagement et environnement forestiers et d’études graduées en sciences du bois à l’Université Laval, Myriam Drouin a travaillé en R&D dans le secteur des produits du bois et de la construction bois. Passionnée par le design, l’architecture, le matériau bois et les communications, elle poursuit aujourd’hui sa carrière comme consultante spécialisée en communication scientifique et technique.